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« En route ensemble »

Avril 2026

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25ème dimanche du temps ordinaire (année a)

Ce dimanche, nous écoutons la parabole des ouvriers de la dernière heure, qui reçoivent autant que les premiers !

Si Jésus venait appliquer cette parabole aujourd’hui dans notre contexte social, politique, économique, il se ferait flinguer de toute part ! Les patrons diraient : « Mais ce n’est pas possible de fonctionner comme ça, il fera couler l’entreprise ! » Les économistes crieraient à la mort dans ce contexte de crise ! Les politiques proposeraient des projets de loi pour contrecarrer ça ! Les ouvriers, eux aussi, protesteraient au nom des conventions sociales, au nom d’une échelle des salaires qu’il faut respecter, au nom du travail accompli ! C’est vrai que cette parabole pourrait nous scandaliser si nous oublions que la logique de Dieu n’est pas celle des hommes, que les règles dans le monde de Dieu ne sont pas à appréhender par la petite lorgnette de nos vues intéressées !

C’est qu’il est un poison dans les relations humaines que nous tissons, c’est la comparaison… Was het d’r Nochber, was han ech… Was bikummt ar, was bikumm ech… Het ar, müass ech oi ha… C’est mon droit, c’est mon dû… Combien se rendent malades, se pourrissent la vie et celle des autres avec ces raisonnements à courte vue, et à petite vie… Ce besoin de se comparer qui amène à la jalousie… Jalousie qui amène à bien des guerres, entre pays, entre villages, entre familles, dans les familles… Si c’est avec ces lunettes que nous lisons cette parabole, elle ne pourra que nous choquer profondément, elle ne pourra que nous sembler particulièrement injuste…

Et pourtant, les ouvriers de la première heure n’ont-ils pas le salaire qui leur a été promis ? Et pourtant, les ouvriers de la dernière heure n’étaient-ils pas à attendre sur la place depuis le matin, voyant défiler tout le monde, et rester eux sur le carreau, et ne peuvent donc pas être assimilés à des paresseux profiteurs ?

Où est l’injustice dans cette affaire ? Chez le maître de la vigne ou chez ceux qui ne savent pas se réjouir du bonheur des autres ? Car le problème est bien là, savons-nous nous réjouir de ce qui arrive aux autres ? Ou bien nous laissons-nous envahir par l’envie et la jalousie, jusqu’à nous rendre mesquins ? L’injustice est bien là, chez ceux qui refusent d’être sur un pied d’égalité avec les autres !

Dans le monde de Dieu, car c’est bien une parabole du Royaume de Dieu, ça ne marche pas comme ça… Le dernier n’est pas définitivement dernier, rien n’est jamais définitivement perdu, personne n’est jamais définitivement perdu ! Dans l’Evangile, les relations humaines sont fondées sur l’amour et non sur le contrat. En d’autres termes, on pourrait dire que le salaire n’est pas donné en fonction du mérite, mais en fonction du besoin. Que plus on a reçu, plus on doit donner ! Plus on a de qualités, plus on doit servir !

La grâce n’est seulement liée au mérite, l’attention de Dieu se porte sur celui qui a le plus besoin de lui, pas seulement vers celui qui le mériterait le plus ! Comme des parents peuvent momentanément passer plus de temps pour un de leurs enfants parce qu’à ce moment-là il a plus besoin d’eux, ce n’est pas pour autant qu’ils n’aiment pas les autres…

Avec Jésus, entrons dans la logique de Dieu, débarrassons-nous de notre envie de nous comparer, des pièges de la jalousie… Sachons-nous réjouir de tout ce qui va dans le sens de la vraie justice… Sachons, par nos actes et par nos paroles, contribuer à l’avènement de cette justice, pour un monde dans lequel il n’y ait plus de derniers, mais que des premiers. AMEN.