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29ème dimanche du temps ordinaire / 17 octobre 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (10, 17-30)

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »

Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements :Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »

L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »

Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit: « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »

Homélie

Après s’être questionné pour savoir lequel était le plus grand, voici que les disciples voudraient savoir lesquels allaient avoir les meilleures places ! Surprenant, décevant ! Même chez les disciples de Jésus !

Au fait, puisque nous y sommes, qui d’entre nous est le meilleur, le plus intelligent, le plus doué, le plus brillant, le plus cultivé, le plus merveilleux, le plus exceptionnel ? Qui mériterait que Jésus lui donne la meilleure place ? Qui d’entre nous, est le meilleur pour mériter la meilleure place ?

Vous savez quoi, on s’en fout, on s’en fout complètement, parce que dans cette église, mes amis, il n’y a pas de meilleurs, ou plutôt, dans cette église, mes amis, il n’y a que des meilleurs, quand ils utilisent le meilleur d’eux-mêmes pour réaliser le rêve de Dieu pour l’humanité !

Des rêves, il en faut dans la vie, des rêves, des projets, des choses que l’on souhaite vivre, réaliser, accomplir. Les disciples, quand ils ont commencé à suivre Jésus, c’était au nom de choses dont ils rêvaient ! Mais pour le moment leur rêve ne tourne qu’autour d’eux-mêmes, d’ambition personnelle, de carrière, de meilleure place à prendre ! Le rêve de Jésus les dépasse, ils ne pourront le comprendre que plus tard ! A mesure que le temps passe, ils commencent à s’inquiéter, ce dont ils rêvaient ne semblent pas correspondre à ce que Jésus indique comme chemin à suivre, celui qui mène à Jérusalem ! Ils commencent à se demander ce qu’ils vont devenir ! Ils doutent, comme des adolescents, quand ils découvrent que, ma Foi, leurs parents ne sont pas parfaits ; Comme les militants d’un chef politique qui montre des signes contradictoires ; Comme les partisans d’un chef militaire qui donne des signes de faiblesses ; Comme des suiveurs de quelqu’un qui ne semble pas savoir où il va ; comme les membres d’un groupe ou d’une institution qui ne s’avère pas aussi fiable qu’on était en droit de l’attendre.

Et les questions se posent : Qu’allons-nous devenir ? Pourquoi le suivons-nous ? Qu’a-t-il à nous apporter, cet homme, qui est arrivé un jour dans notre vie pour nous demander de le suivre ? Nous nous étions pris à rêver quand ses yeux se sont plongés dans les nôtres. Plus le temps passe, et plus nous nous apercevons que nous ne tirons pas de profits sonnants et trébuchants de notre vie de disciple. Mais qui est-il, cet homme, pour nous avoir convaincus d’aller dans cette galère ? Jésus ne cesse de rendre perplexes celles et ceux qui croient en lui. C’est qu’il est déroutant, à prendre toujours le contre-pied de ce qu’on aurait choisi ! Être le premier ? Non, le dernier !

Se faire servir par les autres ? Non, se mettre au service des autres avant de penser à soi-même ! Être compétitif, pour rafler les meilleures places ? Non, se faire l’esclave de tous ! Mais pourquoi donc ! Parce que le chemin du bonheur passe par là, et par quelques efforts à faire ! parce qu’il n’y a pas de plus grande joie que de donner ! C’est ce que les Saintes et les Saints ont compris et vécu, c’est ce que Sainte Thérèse d’Avila à compris et vécu ! Née dans une noble famille d’Avila en Castille, elle entre à 20 ans au Carmel. Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances. Dans les pires périodes de l’histoire se sont levés les plus belles personnes, des fleurs parfois sur des tas de fumier, des lumières dans l’obscurité la plus épaisse. Des ombres et des lumières, tout au long de l’histoire, heureusement des lumières, pour ne pas confondre le trésor et le coffre parfois fragile, la perle et l’écrin parfois décevant.

Il nous faut aujourd’hui des Thérèse d’Avila, des François, des Augustin, des Vincent de Paul pour réformer ce qui doit l’être, pour remettre au premier plan l’essentiel, le message de l’Evangile. Ils y ont gagné leur vie, car reçu et partagé le seul trésor qui compte ! Ils ont gagné leur vie en l’offrant, en ne pensant pas qu’à eux-mêmes !

Avec Jésus il n’y a pas de place à prendre. Il n’y a que le service à remplir fidèlement dans la prière, le souci des autres, en particulier le plus fragile. Avec Jésus il n’y a pas de place à prendre, mais sa place à tenir, là où la vie te pose, là où la vie te pousse, parce que c’est le destin, celui qu’il écrit avec nous, celui que nous écrivons avec lui, parce qu’il sait où il nous mène, vers le bonheur, le vrai. Pas de premier, de deuxième, de dixième, de centième, que des premiers, que des personnes au même niveau pour un même projet, pour un même trésor à partager et à transmettre, sans lequel, tout le reste n’est que du vent !