Jean-Baptiste est celui qui nous a déjà guidés pendant le temps de l’Avent… C’est encore lui qui nous aide à entrer dans ce temps ordinaire, en nous invitant, non à nous tourner vers lui, mais à regarder le Christ, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde…
Jean-Baptiste : un doigt ! Ceux qui ont vu le retable d’Issenheim comprennent ce que je veux dire. Il est représenté pointant son doigt vers le Christ. Montrer du doigt, pour une fois, ce n’est pas mauvais ! Parce que dans ce cas ce n’est pas le doigt qui est important, ni même celui à qui il appartient, mais qu’il désigne ! Voilà donc sa mission, voilà aussi la mission de l’église, notre mission de baptisés : Nous tourner vers le Christ pour aider les autres à se tourner vers lui. C’est bien là que nous vivons aujourd’hui un défi, dans la transmission. C’est vrai pour la société, pour le tissu associatif, pour l’église… Manquerions-nous de doigts ? Y a-t-il trop de doigts se brandissant dans des directions trop différentes ? Nos doigts n’indiquent-ils pas assez la bonne direction, ne se montre-t-il pas assez convaincants ? Nos doigts ne sont-ils plus assez reliés à nos cerveaux et à nos cœurs pour montrer aux plus jeunes la direction qui nous semble la meilleure ? Ou bien nous sommes-nous perdus en chemin ? Avons-nous perdu du regard celui qui pourtant n’arrête pas de nous chercher ? Nous sommes-nous coupés de cette source de vie qu’est le Christ ? Avons-nous laissé notre Foi se dessécher ??? Certes non, sinon nous ne nous trouverions pas ici à le célébrer ! Si nous sommes là, c’est bien parce que des doigts nous ont guidés jusqu’en ce lieu, et si nous sommes restés pour célébrer, c’est bien parce que ce que nous faisons, c’est au nom de notre Foi, d’une Foi mise en pratique…
Or c’est bien la Foi qui permet au prophète Jean-Baptiste de discerner à travers l’homme qui vient se faire baptiser, l’Envoyé de Dieu ! C’est donc bien la Foi qui pourra nous faire voir en tout homme un frère et une sœur, un enfant de Dieu. C’est aussi la Foi qui nous fera percevoir dans certains évènements la présence de Dieu. Ce ne sont donc pas seulement les yeux de la chair qui nous permettent de voir, mais les yeux du cœur, les yeux de l’Esprit. « On ne voit bien qu’avec le cœur », disait le renard au petit prince… Utilisons les yeux du cœur pour voir ce qu’il convient de changer, pas seulement ce qui va mal, mais ce en quoi nous pouvons rendre plus beau ! Utilisons les yeux du cœur pour voir celles et ceux qui sont les témoins de ce monde nouveau déjà en gestation !
Que l’Agneau de Dieu enlève le péché du monde, ce qui coupe, ce qui sépare, ce qui divise ! Si Dieu est venu poser ses pieds sur terre à Noël, c’est pour nous montrer qu’il partage notre condition d’homme en Jésus, et donc qu’il est possible de le reconnaître en chaque homme, chaque femme, chaque jeune, chaque enfant et de voir en chacun d’eux des filles et des fils de Dieu, des frères et des sœurs… Alors ne laissons pas nos mains dans les poches, sachons les sortir pour montrer comme Jean-Baptiste, celui qui enlève le péché du monde, celui qui détruit ce qui opprime l’homme, celui que nous pouvons suivre parce qu’il nous conduit sur les bons sentiers, ceux du bonheur… Qu’il nous donne la claire vision de ce que nous devons faire et la force de l’accomplir. AMEN.



