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Le Festival de l’humour de Dieu organisé par la communauté de paroisses des Moulins de la Zorn a rencontré un vif succès. Il s’est décliné en plusieurs temps :

-une conférence donnée par le curé Rebmeister sur l’humour dans la Bible. Il nous a démontré que Dieu ne manquait pas d’humour en reprenant divers récits de l’Ancien au Nouveau Testament. Nous avons également pu découvrir l’humour de certains saints et de certains papes, mais également l’évolution de la place du rire dans la religion catholique.

– l’exposition de livres, de BD et de dessins humoristiques sur l’humour dans la religion. Les panneaux avec les dessins continueront d’être exposés à tour de rôle dans les églises.

– la soirée « stammdisch » dont vous pouvez lire l’article réalisé par les DNA.

Article des DNA du 22/10/12

De la dérision avant toutes choses

Carton plein pour la soirée stammdisch organisée samedi soir au foyer Saints-Pierre-et-Paul par la communauté de paroisses des moulins de la Zorn dans le cadre du festival de l’humour de Dieu. Prouvant qu’on peut rire en Eglise, de mille et une façons.

Le rire rassemble. Dès 20 h, samedi, le foyer Saints-Pierre-et-Paul était quasiment comble. Regroupés par petites tables, les participants ont été accueillis par une série de bons mots, glanés dans les bulletins paroissiens, et repris par des membres du théâtre alsacien de Hochfelden, Lucien Adam, Monique Goeth et François Logel. Il y était notamment question de « vente de charité » où l’on pouvait amener tout ce qui était inutile – vos maris-, d’une messe de minuit, déplacée de 23 h à 22 h 30, d’un club de veuves si chaleureux « qu’on espère qu’il sera plus nombreux ». L’objectif de la soirée était double.

« Nous avons fait le pari de renouveler la fête de la Saint-Wendelin »

Communautaire, d’abord : « nous avons fait le pari de renouveler la fête de la Saint-Wendelin », patron de la communauté de paroisses a expliqué le père Rebmeister. Et spirituel, ensuite : face aux nombreux problèmes sociaux ou économiques, le curé a lancé un seul mot d’ordre « courage, rions ! »

Tous les rires n’étaient cependant pas permis : la soirée était clairement destinée à un public familial. « Les histoires de ce soir sont destinées à être entendues par tout le monde, même les enfants. Nous avons évité systématiquement les blagues “sous la ceinture” », explique Gérard Rebmeister, par ailleurs convaincu qu’on peut « rire de tout, mais pas avec tout le monde », selon la définition bien connue de Pierre Desproges. « L’humour fait partie de la vie et d’un regard sur la société et la religion. On ne peut pas être croyant sans humour. C’est une manière de gérer les choses sur lesquelles on n’a pas de prises. On peut dominer par le rire ! »

L’Eglise catholique et ses travers a été la cible privilégiée des humoristes. À commencer par les enfants du catéchisme, qui ont redonné vie au Gentil petit diable, classique des contes de Pierre Gripari, qui donne une représentation toute personnelle du paradis, comme une grande école, ouverte même aux diablotins.

Les saints, les papes ou les bonnes de curé n’ont pas été épargnés, que ce soit par les chansons de Georges Brassens ou les séries de bons mots, tendres ou sarcastiques, jeux de mots ou traits d’esprit, lus par les acteurs du théâtre, qui ont tous suscité l’adhésion du public.

Mais c’est la chorale qui a emporté l’adhésion du public, notamment lorsque ses voix féminines ont débarqué sur scène vêtues de tenue de sœurs, enchaînant les mélodies sur un ton sage avant de se lancer dans des chorégraphies aux accents de Sister act.

Des blagues racontées en français

Parmi le public, des habitués de la paroisse, mais aussi ceux qui viennent « de temps en temps », comme Jean-Marc et Agnès, de Mutzenhouse, qui reconnaissent que « c’est une soirée sympa, qui permet de se retrouver ».

Chantal, catéchiste à Wingersheim apprécie que les blagues soient racontées en français. « Ca permet à toutes les générations de suivre. Même si certaines sont traduites de l’alsacien, et perdent un peu de leur souffle ». Elle reconnaît cependant que certains « doubles sens » ne peuvent pas être perçus si l’on ne connaît pas le contexte culturel local. « Par exemple, sur l’histoire d’un rabbin et d’un curé, cela ne peut fonctionner que si l’on sait qu’en Alsace, l’image du juif est associée à celui qui est futé ». Si les principales blagues concernaient « catholiques et protestants », selon Gérard Rebmeister, une série de bandes dessinées, mises à la disposition du public permettaient de prendre connaissance de traits d’humour juif et musulman. L’autodérision est présente dans toutes les traditions.