Messe œcuménique pour le 11 novembre

  • Post last modified:12 novembre 2021

Ce jeudi 11 novembre 2021 a eu lieu une célébration oecuménique en l’église de Hochfelden. Elle a été concélébrée par le pasteur Christian Uhri et le père Gérard Rebmeister.

Elle a suivi le défilé des pompiers et des élus de la commune, qui se sont rendus ensuite au monument au morts pour y déposer une gerbe en l’honneur des morts de la Grande Guerre.

Homélie du Père Gérard Rebmeister

Nous nous retrouverons tout à l’heure, en tant que citoyens, au monument aux morts. Nous avons accepté de nous retrouver d’abord, en tant que croyants, dans cette église.

Nous reconnaissons ainsi que, pour nous, une paix durable entre les peuples, trouve sa source et sa place dans le projet de Dieu, fais partie du règne de Dieu. Nous sommes donc en droit de demander à Dieu son aide pour construire ou entretenir la paix.

La journée d’aujourd’hui s’appelle armistice sur le calendrier. Mais parler d’armistice, c’est aussi parler de guerre, puisque si on n’avait pas commencé une guerre on n’aurait pas besoin d’envisager un armistice.

Les guerres ont beaucoup évolué. La grande guerre a fait plus de morts militaires que de morts civils, mais combien de veuves et d’orphelins. La 2ème guerre mondiale a fait plus de morts civils que de militaires et combien de destructions. Aujourd’hui la guerre est plus technique. Mais ce sont encore et toujours les plus humbles et les plus petits qui en pâtissent le plus.

Alors la guerre comme une simple affaire d’état, de spécialistes, où chacun de nous, comme individu, n’aurait que peu de choses à dire. Ou la guerre qui se développe au plan international, parce qu’elle existe d’abord au plan individuel.
Dans une situation qui nous est défavorable, nous cherchons des responsables. Et plus la situation est grave, et plus elle touche de personnes, plus nous réagissons, parfois de manière irréfléchie et même violente. Pour preuve tout ce qui a pu se dire et se vivre depuis le début de la pandémie.

Soyons honnêtes durant un instant pour répondre à une question. Quel est le groupe de personnes que j’ai le plus tendance à charger ? Cela peut changer selon la situation.

Un meurtre, un vol, un problème de société, je dis quoi très vite ? C’est certainement un étranger, un musulman, un vannier, un Rom. Il n’y a pas si longtemps, on aurait dit aussi, un protestant, un catho, un juif.
Nous avons tous comme cela, de manière plus ou moins inconsciente, des groupes de personnes que nous stigmatisons. Voilà comment se construit l’exclusion.
Maintenant il s’agit d’exclure effectivement. Pour cela il nous faut une personne à poigne. Voilà comment naissent les petits chefs et les grands dictateurs, ceux qui sont convaincus que, sans eux, le monde irait à sa perte.

Entre l’exclusion et les dictateurs il faut un trait d’union. Il s’appelle violence, en geste, en paroles, en armes de toutes sortes, économiques, politiques, militaires.
Il en est d’une société, d’un pays, des relations internationales, comme d’une forêt mal entretenue. Plusieurs propriétaires de parcelle ont laissé se développer une végétation de garrigue. Il n’y aura pas nécessairement un feu de forêt. Mais les conditions sont rassemblées. Tout peut arriver.
Chaque petit propriétaire a une responsabilité comme les services généraux de la forêt. Il en est de même dans un pays et entre pays. Chaque citoyen est responsable.

Alors, revenons à nous. Je dis bonjour à mon nouveau voisin. Il me répond tout de suite ou après un certain temps. Un jour je lui rends un petit service. Je le découvre peu à peu.

Je sais, c’est plus facile à la campagne qu’en ville. C’est pourquoi il nous faut entretenir, préserver ou redécouvrir ce type de relations le plus possible. Tout ce qui permet aux personnes de mieux se connaître, de se parler, de se rendre service, est facteur de paix.

Le règne de Dieu est au milieu de vous, dit Jésus. De temps en temps, comme un éclair traverse l’horizon, une situation plus lumineuse nous permet de le percevoir, de le reconnaître. Mais l’essentiel est que chacun de nous, humblement, simplement, participe à son avènement.

Père Gérard Rebmeister

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