Les Evangiles des deux derniers dimanches ont si bien préparé le terrain à ce que nous fêtons en ce 1er novembre, non pas les défunts, mais des vivants, les Saintes et les Saints, non pas des êtres parfaits, sans tache, sans défaut, mais des femmes et des hommes, comme nous, de chair et de sang, avec leurs qualités et leur défauts, leur part de lumière mais aussi d’ombre, leurs forces et leurs fragilités, ayant malgré toutes leurs limites humaines, utilisé le meilleur d’eux-mêmes, et parfois, au moment où il fallait, osé se dépasser, comme on le fait dans des situations où se joue l’essentiel, où tu t’engages ou tu te couches, ou tu l’ouvres ou tu la ferme définitivement, ou tu saisis l’occasion qui t’es donnée ou tu laisse passer ta chance, comme Zachée n’est pas passé à côté du rendez-vous dans l’Evangile de ce dernier dimanche, ou le publicain qui accepte de se laisser voir tel qu’il est, et ainsi Jésus peut le contempler dans ce qu’il peut devenir ! Et c’est bien ce qu’il a toujours fait, Jésus, dans le regard posé sur celles et ceux qu’il rencontrait !
Un regard qui peut tout changer, qui donne droit à une deuxième chance, car avec Jésus, tout est possible, rien n’est jamais définitivement perdu, personne n’est jamais définitivement perdu ! Est-ce ainsi que nous regardons les autres ? Notre regard sur les autres, quel est-il ? Notre regard aussi peut permettre de tout changer ? Un regard d’artisan de paix, de miséricordieux, de doux, d’humble de cœur ? Ces qualités ne les cherchons pas uniquement chez les autres, développons-les nous-mêmes sur notre propre chemin de sainteté !
- Quelle perte si Jésus avait enfermé Pierre dans son reniement, Thomas dans son doute…
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Quelle perte si Sainte Monique n’avait pas vu toutes les qualités de son Augustin, et ne se soit pas battue, au prix de bien des larmes, pour qu’il trouve le bon chemin… Quelle perte pour l’Eglise, et pour le monde, cela aurait été !
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Quelle perte si Saint François d’Assise en était resté à sa vie dissipée, si devant la Croix il n’avait pas entendu l’appel de « réparer son Eglise en ruine »… Quelle perte pour l’Eglise, et pour le monde, cela aurait été !
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Quelle perte si Charles de Foucauld n’avait pas retrouvé la Foi chrétienne, et jeté des ponts entre les civilisations, des ponts encore tellement nécessaires aujourd’hui… Quelle perte pour l’Eglise, et pour le monde, cela aurait été !
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Quelle perte si un jour tel enseignant, tel parent, tel voisin, n’avait pas cru en nous !
Que de pertes, parfois irrémédiables, à cause du regard de jugement définitif que nous portons sur des personnes… Adoptons le regard que Jésus a posé sur les personnes, quelles qu’elles soient, où qu’elles en soient… Change ton regard sur le monde et le monde changera ! Ce n’est pas naïf de le croire, encore faut-il le faire.


