Dans le chœur de l’église de HOCHFELDEN se trouvent deux statues, celle de Pierre et celle de Paul. Vendredi matin, assis sur le côté du chœur, en attendant le début de la messe, j’ai à nouveau vu, derrière la statue de Saint Paul, les grosses toiles d’araignées que m’avaient déjà signalées un choriste… Mais elles sont bien cachées derrière la statue, d’en-bas, dans la nef, vous ne les voyez pas, et c’est tellement haut qu’il est difficile de les atteindre pour les enlever. Et puis, mais dans les maisons c’est pareil, tu peux les enlever comme tu veux, elles reviennent. Voilà qui m’a fait penser à l’actualité de l’église et de notre diocèse, un éternel recommencement, que de toiles d’araignées, certaines cachées derrière de belles statues, mais qu’il est difficile d’atteindre pour les enlever. Mais nous finirons ce travail, quoi qu’il en coûte, dirait un certain Président ! C’est notre responsabilité aujourd’hui ! Nous ne pouvons rien changer au passé, aux actes posés par d’autres, surtout quand ils remontent à loin, mais nous sommes responsables d’aujourd’hui et de demain ! Et aujourd’hui, pour demain, nous ne voulons pas seulement dépoussiérer, désencombrer, nettoyer, nous voulons aussi construire, retourner à la source, à l’Evangile, cette Parole qui est un trésor que rien ne doit venir ternir ! Que la démarche synodale en cours, puisse non seulement y contribuer à la marge, mais permettre en profondeur de laisser l’Esprit Saint nous guider, nous renouveler pour faire du beau et du bon !
Comme le font les chorales qui fêtent leur patronne Sainte Cécile en ces jours de novembre, et tant de petites mains aussi discrètes qu’efficaces ! Vous, les petits et les discrets, merci de nous faire oublier les turpides des grands et des vantards, et ainsi nous ramener à la simplicité de l’Evangile, à la simplicité de ce Roi que nous fêtons en ce dernier dimanche de l’année liturgique, lui qui n’a de couronne que celle d’épine, qui n’a de trône que la Croix !
Comme elle est belle cette Croix quand c’est Jésus qui la recouvre de sa présence. Notre humanité peut enfin refleurir. Jésus est vainqueur ! Voilà le Christ-Roi que nous contemplons en ce dimanche et que nous annonçons au monde. Voilà la beauté du mystère de l’Église, Corps du Christ, à jamais crucifié pour ressusciter avec lui.
Simone Weil, cette philosophe juive qui s’est beaucoup rapprochée du Christ à la fin de sa vie, et qui est décédée en 1943, a cette réflexion magnifique au sujet de la Croix. Elle écrit ceci : « Le don le plus précieux pour moi, comme vous le savez, c’est la croix. S’il ne m’est pas donné de mériter de participer à la croix du Christ, j’espère au moins de pouvoir y participer en tant que larron repentant. Après le Christ, de toutes les personnes dont il est fait mention dans l’Évangile, le bon larron est celui que j’envie le plus. D’être avec le Christ pendant la crucifixion, à ses côtés et dans la même position que lui, me semble être un privilège encore plus grand et plus enviable que d’être assis à sa droite dans la gloire. » (Lettre du 16 avril 1942).
Terminons notre année liturgique avec la prière du larron repenti au Christ, Roi de l’Univers : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » ! Et que je fasse tout, aujourd’hui et maintenant, pour le mériter !


